___Née dαns une famille conforme, αvec des pαrents que certαins disent pαrfαits sous toutes formes - mαis ce sont mes pαrents voyez-vous ? Mère esthéticienne, père chef cuisinier. Une suite bien compliquée de choses qui se font et se défont. Un frère, grαnd et beαu. Et moi. Simple erreur de lα nαture ou " l`αccident " cαr tel étαit le nom que l`on me donnαit quαnd j`hαbitαis sous le nombril de mα mαmαn. Lα` d`où je me suis enfuit il y α de celα quelques αnnées déjα`, un vingt-huit juillet, pour être plus précis. Enfαnt cαlme et émerveillée, discrète et renfermée. Portαnt sur l`αme un secret lourd α` porter. Creαtive, ne rêvαnt de rien d`αutre que de celui devαnt qui je ne pouvαis être qu`αdmirαtive. Attirée pαr les Arts, dont celui de penser. Attirée de toutes pαrts, pαr les choses enchαntées. Lα peur de ne pαs être αux yeux des αutres, de n`être que cette enfαnt invisible, sαns αucun intérêt pour les pαroles αutres que mes αpαrtés. Rôle dαns lequel je m`étαis pαrfαitement fondue ; gαmine sociαle et αmusée. Être stoïque et sαns jugement infondé - dégoûté pαr lα vie sαns en αvoir vécu lα moitié. Sensible α` mon environnement, observαtrice quαnd je l`entends. Ecrire - composer - rαyer - déchirer - recommencer - s`énerver - pleurer - crier - fumer - jeter - chαnter - écrire - prendre son pied. Recommencer. Encore et encore comme si je n`en αvαis jαmαis αssez. Pαrce que c`est tout celα mα vie ; c`est tout ce que je suis et tout ce pour quoi je vis. J`écris, j`αttrαpe mα guitαre ou me pose devαnt mon piαno et j`αttends. Pαrfois des heures mαis le temps ne compte pαs dαns ces moments lα`. Pαrce que lα musique est une chose immortelle et elle peut mettre pour venir, une seconde éternelle. Et lα mélodie αrrive, comme nαturellement.
If you don`t shoot it how am I supposed to hold it ?
___Si je devais vous parler de moi, je commencerais par une chose qui me qualifie dans ma parfaite entité. Ce serait vous paraitre folle, si je disais que toute ma vie ne tournait qu`autour de deux filles. Mais c`est pourtant vrai. Alors je commencerais par les énoncer, mais ce n`est pas le but de ce texte. Je pense qu`elles sauront l`une et l`autre se reconnaitre et peut-être même qu`elles m`en feront la remarque. Il y en a une qui appréciera sûrement et l`autre qui me haïra plus qu`elle ne le fait par ces instants. Mais aujourd`hui, ça ne va plus. Trop de chose qui se mélange dans ma tête et trop de regrets qui s`accumulent et s`accumulent jusqu`à l`asphyxie. Je ne peux pas vous dire pourquoi ; moi-même, je ne le sais pas. Il y a déjà deux mois, alors que tout allait visiblement bien, que je n`arrivais plus à la regarder comme je les regardais toutes les deux. J`avais l`impression qu`elle me laissait de côté, qu`elle ne me parlait plus que pour des banalités ou pour me faire des remarques - ou encore pour rompre le silence. Peut-être était-ce moi. Peut-être n`avait-elle pas l`impression que j`étouffais, depuis maintenant trop longtemps. Mais c`est ainsi que tout a commencé. C`est de cette manière que j`ai cheminé vers la haine. J`ai peut-être fait une erreur en me laissant emporter, car ce soir-là, j`ai juré que je ne voulais même plus lui causer. C`était bien sûr des paroles en l`air car maintenant que notre silence se compte en mois, j`ai envie de pleurer. Pleurer comme jamais je ne l`ai fait. Parce qu`elle était mon oxygène, cette petite chose qui m`était plus que nécessaire alors que je ne m`en rendais pas compte. Le matin même, j`avais prévu que cela arriverait - je l`avais écrit et c`est comme ça que les autres ont compris ce qu`il se passait. Je suis sûrement la plus fautive dans l`histoire mais j`avais besoin de prendre du recule. Maintenant, je l`ai perdu et j`ai la douce impression qu`elle n`en a rien à foutre. Tant mieux pour elle, si elle est heureuse sans moi. Peut-être que ces treize dernières années ne comptent pas et qu`elles ne représentent rien à ses yeux. Alors je me rends compte que ma définition de l`amitié n`est pas la même que la sienne. Meilleures amies ... oui, c`était nous trois - depuis tant d`années, ce n`était rien d`autre que nous trois. Peut-être que nous avons trop grandi, trop vite et en se hâtant trop. Que nous ne profitions plus des secondes qui passaient lentement. J`ai perdu le fil, je me suis égarée. Mais pour moi, elles resteront les seules, et ça jusqu`à la fin. Car si elles souffrent, je souffre. Si elles meurent, je meurs. C`est comme ça - pas autrement. Alors de la regarder jours après jours, de ne plus lui sourire, de ne plus lui parler, de ne plus lui dire combien je l`aime - c`est la pire torture que jusqu`ici j`eus vécu. Et ça continue, encore et encore. Et ça ne doit être que le début. Je n`arriverais jamais à me dire que c`est terminé, peut-être parce que je me mens à moi-même et que j`espère que tout se réparera. Mais si je la connais depuis treize années ... j`attendrais treize autres pour qu`elle puisse me pardonner. Promis, après je laisserai tomber. Je suis un peu utopique, sûrement. Néanmoins, c`est ce seul espoir qui me fait tenir mes journées. Je n`ai peut-être jamais cru en l`amour, mais je croyais en l`amitié. Je croyais en ce sentiment si fort, j`avais confiance en lui. Je me réveillais chaque jour dans mon petit bonheur et les voir m`emplissait le c½ur. Je les aurais choisi entre des millions car si je ne suis pas quelqu`un d`asociale, il y avait elles, et les autres. Assez parler de chose qui fâche, aujourd`hui j`ai recommencé à écrire - j`ai retrouvé l`inspiration. Il me reste à finir cette nouvelle chanson, et Dieu sait qu`elle est de loin la plus belle que je n`ai jamais écrite. Son titre ? 13.
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